La vie devant soi


La Vie devant soi est un roman d’Émile Ajar (Romain Gary) publié le 14 septembre 1975 au Mercure de France et ayant obtenu le prix Goncourt la même année.
Histoire d’amour d’un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive: Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que « ça ne pardonne pas » et parce qu’il n’est « pas nécessaire d’avoir des raisons pour avoir peur ». Le petit garçon l’aidera à se cacher dans son « trou juif », elle n’ira pas mourir à l’hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré « des peuples à disposer d’eux-mêmes » qui n’est pas respecté par l’Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu’à ce qu’elle meure et même au-delà de la mort.

La vie devant soi

 

Mon avis : Un livre poignant et profondément réel, un livre dont je pourrais vous parler pendant des heures et que je relirais certainement.

Mohammed dit « Momo » un gamin de 10 ans qui ignore d’où il vient, est un jour recueilli par Madame Rosa. Elle, juive, ancienne prostituée consacre le reste de sa vie aux enfants d’autres prostituées. Alors même que plus personne ne paie pour la garde de Momo, elle décide qu’il n’ira pas à l’Assistance Publique et restera près d’elle et dans son coeur.

Le temps passe et elle se rend bien compte qu’elle n’a plus la lumière à tous les étages. Ses jours de pleine lucidité sont comptés et même si elle a échappé au système concentrationnaire d’Auschwitz, elle ne veut pas devenir « le légume » qui battra le record détenu par un Américain avec un coma végétatif de 17 ans. Elle fera donc promettre à l’enfant de « l’avorter » pour ne pas dire « euthanasier« , mais le petit Momo fera bien plus que cela. Il la soutiendra et la veillera jusqu’au bout. L’embonpoint empêche la vieille dame de gravir les marches et de ce fait l’isole dans leur foyer. Alors Momo comprend que la fin est proche et , pour lui, le terme de son enfance. A son tour, il est là pour elle, prêt à la laver, la changer, la choyer comme elle a pu le faire dans le passé. Alors chacun regarde défiler « la vie devant soi ».

Projeté dans le monde des adultes bien trop tôt, l’enfant croit que la vie n’a rien d’enviable, que le bonheur, c’est dégueulasse « Le bonheur c’est une belle ordure et une peau de vache« .

Je me suis attachée à Momo tellement son personnage est émouvant. A la fois naïf et avec beaucoup de lucidité, il m’a fait sourire plus d’une fois. Il a des réflexions d’adultes, mais un discours maladroit qui le rend encore plus attachant. Alors même que le temps passe, il conservera un vocabulaire rempli d’amalgame, mais tout aussi amusant que profond. Comme par exemple « A la maison, nous avons trouvé Monsieur N’Da Amédée, le maquereau qu’on appelle aussi proxynète« .

 

Sous le pseudo d’Emile Ajar, Romain Gary de son vrai nom, a su trouver les mots pour évoquer un sujet grave tout en légèreté. J’ai adoré ses personnages et plus que tout j’ai adoré cette tendresse qui les lie à jamais.

3 réflexions sur “La vie devant soi

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