La Maison


Une angoisse, une oppression superbement rendue par la subtilité de l’écriture. Car écrire, c’est faire des choix : il y a ce que l’on montre, il y a ce que l’on suggère simplement, et il y a ce que l’on garde sous silence. Autant d’ingrédients que Nicolas Jaillet, en fin architecte, en solide maçon, en parfait magicien, dose.

Marcus Malte

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Mon avis :  Sous les conseils d’un ami bénévole comme moi à la bibliothèque, j’ai décidé de lire ce petit livre de seulement 122 pages. Paru initialement  en 2013 aux Editions Rue du départ, il a été réédité cette année dans la collection Milady Thriller, enrichi de deux autres nouvelles : « La robe » et « La bague ».

Pour cette nouvelle très bien écrite, Nicolas Jaillet s’est inspiré de sa propre histoire. Il y a Martine, la mère. Il y a le père, Jean, que Martine a épousé sans même éprouver de l’amour pour lui, même le jour de son mariage. Puis il y a Nicolas, le narrateur, qui sait être « qu’un début de vie dans le ventre de cette jeune femme » et être « la cause de la robe blanche, et du bouquet ».

Avec des personnages tourmentés, un climat pesant, l’auteur dresse le portrait d’une famille qui en apparence semble être gaie, vivante et chaleureuse tel un cocon. Mais la réalité est bien différente. Martine passe 16 ans de sa vie à s’occuper de son fils, de sa maison et faire bonne figure malgré un mari aigri et violent. 16 ans à vivre dans le mutisme et la peur. Alors le jour venu, elle part et laisse son fils sans aucune explication et avec la pensée qu’il pourrait en être la cause. 16 ans, l’âge pour pouvoir se défendre. Le père, personnage imbuvable, rentre dans une torpeur et ne fait plus cas de son fils. Mais suite aux comportements de rébellion de Nicolas, il sort de ses gonds et le menace de mort.

C’est avec beaucoup de simplicité et de subtilité que, Nicolas Jaillet, nous dresse le drame d’un huis clos familial. Et malgré de très bonnes critiques que j’ai pu lire de-ci de-là, ça ne l’a pas du tout fait avec moi. Ce récit me laisse un goût amer, car si j’accepte le départ de cette mère pour fuir une certaine violence conjugale, je n’arrive pas à accepter l’abandon de son enfant. L’auteur, témoin de faits graves, ne juge jamais les faits et les gestes de ses parents, ce que je trouve surprenant.

Avec regrets, je ne pense pas poursuivre l’aventure avec Nicolas Jaillet. Du moins, pas avec cette trilogie.

Une réflexion sur “La Maison

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