Les gens des hauts


« La nuit était tombée mais la Grande ville, emportée par l’élan de sa journée, semblait encore se mouvoir en tous sens. Protégé par la vitre du train, Juan observait ce paysage encore sans réalité, scène de théâtre d’une pièce dans laquelle il ne jouait pour l’instant aucun rôle. Bientôt, l’Expreso serait à quai.  Il lui faudrait alors descendre du train et prendre part à ce nouveau monde, se mélanger à ces gens qui vivaient au cœur de cette cité sans foi ni loi, les charmer ou les frapper, leur faire l’amour ou les tuer. »

Dans un pays imaginaire d’Amérique du Sud, quatre personnages vont et viennent entre Decamon, la Grande ville de cette ancienne dictature communiste, et les Altas Sierras, montagnes pauvres que les Gens des Hauts cherchent depuis toujours à quitter.

Récit initiatique, réflexion sur la ville, ce premier roman est également une rêverie tropicale et nostalgique.

« La plume est belle, fluide, le style est vif et élégant » (blog littéraire « Des livres et moi »).

 

Lesgensdeshauts

 

Mon avis : « Les gens des hauts » premier roman auto-édité de l’auteur , Hugues Boulet, gagne vraiment à être connu.

Écrit d’une plume fluide et légère avec un savant mélange de réalité et de fiction, l’auteur décrit l’exode des « Gens des hauts », habitants des montagnes vers cette ville en reconstruction après une période de communisme totalitaire.

Grâce à cette galerie de personnages drôles, sensibles et attachants, le lecteur est surpris plus d’une fois. Et même si  quelques longueurs peuvent être gênantes, ainsi que quelques maladresses, le récit est bien écrit avec une intrigue menée de main de maître. La capacité d’Hugues Boulet pour jouer avec les mots est telle que l’on peut ressentir une ambiance, les sentiments et les émotions des protagonistes principaux. On pourrait presque penser les avoir vraiment rencontrés. Tous très différents et en quête de se créer un avenir meilleur, ils évoluent dans des paysages rendus palpables par le choix des mots de l’auteur.

Mais, oui il y a un « Mais », je dois avouer avoir eu du mal à comprendre là où voulait aller l’auteur. Si les personnages sont bien ancrés, j’aurais voulu en savoir plus sur eux et leur avenir. Et même si je trouve que l’auteur à une capacité d’écriture indéniable, je suis un peu déçue de la brièveté de son récit, car je suis certaine qu’il y avait encore sujet à exploiter. De ce fait, ça ne sera pas un coup de cœur pour moi.

Si au départ j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages, je dois bien avouer qu’arriver à la dernière page, je n’ai qu’une envie : Vite les retrouver !

Encore Merci Mr H. BOULET

L’élègance du hérisson


 

« Je m’appelle Renée, j’ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l’image que l’on se fait des concierges qu’il ne viendrait à l’idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m’appelle Paloma, j’ai douze ans, j’habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c’est le bocal à poissons, la vacuité et l’ineptie de l’existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C’est pour ça que j’ai pris ma décision: à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. « 

Mon avis : J’ai plus ou moins aimé ce livre. Dans un premier temps, je m’ennuyais et je n’étais pas certaine d’aller jusqu’au bout.
Puis peu à peu, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’une histoire mais plutôt d’une réflexion sur l’intelligence et sur la relation entre les pauvres et les riches.
L’auteur utilise des termes plutôt acides, un style parfois grinçant, ce qui peut déplaire à plus d’un lecteur.

Roman très bien écrit avec finesse et subtilité, mais qui ne restera pas pour moi extraordinaire et inoubliable.


J’étais derrière toi


C’est dans la trentaine que la vie m’a sauté à la figure.J’ai alors cessé de me prendre pour le roi du monde et je suis devenu un adulte comme les autres, qui fait ce qu’il peut avec ce qu’il est.J’ai attendu la trentaine pour ne plus avoir à me demander à quoi cela pouvait bien ressembler, la souffrance et le souci, la trentaine pour me mettre, comme tout le monde, à la recherche du bonheur. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je n’ai pas connu de guerre, ni la perte d’un proche, ni de maladie grave, rien. Rien qu’une banale histoire de séparation et de rencontre.

Mon avis : C’est une simple histoire de séparation et de rencontre, mais il y a une telle sensibilité que l’on s’attache au personnage. Il nous parle comme si nous étions en face de lui, simplement et sans arrières pensées. La femme, véritable perverse narcissique manipulatrice, va amener son mari au bord de la dépression, de la folie, de la perte de soi-même… jusqu’à ce qu’une rencontre « réveille » cet homme presque perdu. Une rencontre qui peut sembler anodine mais qui va être un véritable électrochoc. Elle va lui permettre de se reconsidérer comme un Homme.

 



Disparaître



1935, sud de l’Angleterre.

Un homme va mourir, victime d’un grave accident de moto. Dans le coma qui le gagne, lui reviennent des souvenirs d’enfance, de manque d’amour, d’exils, de fugues. A-t-il cherché à disparaître ? La lumière qui l’enveloppa durant trois années de sa vie fut glorieuse mais trop aveuglante. Depuis, ce héros malgré lui n’a cessé de fuir. Poursuivi par la presse et les services secrets, rongé par le besoin de s’effacer, de se détruire, il n’a jamais vraiment su qui il était, ni même comment il se nommait. Seuls ces déserts d’Orient qu’il a tant aimés sauront l’apaiser. Du moins, l’espère-t-il. Son frère va l’y aider, de la plus incroyable façon. Deux femmes, qui rôdent autour de lui comme deux remords, seront là, elles aussi, jusqu’au dernier moment.
Au pays des mystères, une légende se construit. Celle d’un solitaire, l’un des plus grands héros des temps modernes.

Mon avis : Après avoir déjà lu des livres de PPDA, ma curiosité m’a poussé vers celui-ci. J’avoue l’avoir choisi sans vraiment savoir de quoi il s’agissait exactement. Je peux dire que le hasard fait bien les choses car j’ai adoré. L’histoire de ce grand homme, Lawrence d’Arabie, un personnage complexe et énigmatique m’a totalement captivé. Ecrit avec son frère Olivier Poivre d’arvor, PPDA a réussi à mêlé réalité et fiction dans un style poétique. On suit les derniers jours de l’aventurier à travers le regard de tous ceux qui l’aimèrent et le désirèrent. Très beau livre !