Va et poste une sentinelle


Jean Louise Finch, dite « Scout », l’inoubliable héroïne de Ne tirez pas sur l’oiseau-moqueur, est de retour dans sa petite ville natale de l’Alabama, Maycomb, pour rendre visite à son père Atticus. Vingt ans ont passé. Nous sommes au milieu des années 1950, à l’aube de la déségrégation, et la nation se déchire autour des questions raciales. Confrontée à la société qui l’a façonnée mais dont elle s’est éloignée en partant s’établir à New York, Jean Louise va découvrir ses proches sous un jour inédit et voir vaciller toutes les fondations de son existence, politiques, sociales et familiales. Va et poste une sentinelle est le deuxième roman de Harper Lee, mais fut écrit avant le mythique Ne tirez pas sur l’oiseau-moqueur, qui reçut le Prix Pulitzer en 1961. Dernier volet de ce qui devait être au départ une trilogie romanesque dont l’Oiseau-moqueur aurait été le premier tome, ce roman inédit marque le retour, après soixante-cinq ans de silence, de l’un des plus grands auteurs américains du siècle.

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Va et poste une sentinelle

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Il y a presque trois ans j’ai découvert la plume de Harper Lee avec  » Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur « . À ce moment-là j’ignorais totalement l’existence de ce 2ème tome, alors lorsque je l’ai vu passer à la bibliothèque, je n’ai pas hésité un instant !

Ici on retrouve Jean Louise dite « Scout » vingt plus tard. De retour à Maycomb, sa ville natale, elle rend visite à son père et son ami Henry Clinton (accessoirement amoureux d’elle). Toujours la bienvenue dans la grande maison familiale, mais quelle surprise lorsqu’elle découvre que tout ce en quoi elle croyait, tout ce que son père lui avait inculqué, n’était que tromperie et mensonge. D’apprendre certaines vérités sur les personnes qui lui sont le plus proche lui est inconcevable. Il lui est impossible d’imaginer que ceux-là mêmes qui confortaient la justice et l’égalité, soient membres de conseils citoyens, des collectifs ségrégationnistes auprès de ceux qui prônent la haine et se croient supérieurs aux Noirs, ceux qu’ils avaient toujours haïs.

Scout ouvre les yeux avec beaucoup de peine sur son pays qu’elle chérit tant, un pays divisé et mutilé par les guerres. Scout grandit et commence à se détacher de toutes ses croyances et de son enfance. Elle qui n’est nullement dérangée de s’asseoir à côté d’un homme de couleur dans un bus, découvre ce qu’est la ségrégation raciale. C’est à partir de là que la relation qu’elle entretenait avec son père se dégrade. Entre eux, les mots deviennent cruels, violents mais heureusement que l’oncle Finch est là. Grâce à lui les liens familiaux seront sauvés.

J’ai eu beaucoup de plaisir de retrouver la plume de Harper Lee (qui nous a quittés il y a exactement 4 ans dans 2 jours, le fruit du hasard ! ^^ ), même si j’ai trouvé ce tome moins abouti que le précédent. Il faut dire que celui-ci est un premier manuscrit écrit par l’auteure qui avait été refusé par son éditeur. Ce dernier lui avait demandé de retourner au travail et c’est ainsi qu’était né  » Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur  » grâce aux souvenirs d’enfance de Jean Louise Finch.

J’ai eu du mal à recouvrer le personnage de Scout et celui de son père Atticus. J’ai été très déçue de voir ce qu’il était devenu et le comportement qu’il avait à l’égard de sa fille. Ici, il n’y avait rien de ce que j’avais tant aimé dans le tome 1.

La lecture reste très aisée et le style simple, mais ce premier roman d’Harper Lee n’est pas assez développé à mon goût. Il m’a permis néanmoins de passer un bon moment de lecture, même si j’admets que par moments j’étais totalement captivée et par d’autres totalement désappointée. Malgré un avis en demi-teinte, je ne peux que vous conseiller de le lire et vous faire votre propre avis.

Et pour celles/ceux qui veulent aller plus loin, le roman a été adapté au cinéma sous le titre « Du silence et des ombres » en 1962.

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur


Dans une petite ville d’Alabama, à l’époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, connut un tel succès.
Mais comment ce roman est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C’est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l’enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique. Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur s’est vendu à plus de 30 millions d’exemplaires dans le monde entier.

 

ne-tirez-pas

 

Mon avis : Que dire de ce livre, sinon que Harper Lee a su faire de son seul et unique roman, un réel chef d’oeuvre.

Publié pour la première fois en 1960, l’auteure récrée un petit monde des années 30 qui traverse cette période très difficile de l’histoire, mais pourtant bien réelle.

Atticus Finch, modèle de tolérance et de droiture, élève seul ses deux enfants, Jem et Scout, à Maycomb. C’est une ville ségrégationniste durement frappée par la récession et les temps sont durs pour tous. Mais lorsqu’il est désigné comme avocat commis d’office pour défendre un noir accusé injustement d’avoir violé une blanche, la population s’enflamme. C’est alors que ses deux enfants vont quitter le monde de l’enfance pour celui des adultes et y découvrir l’injustice. Grace à leur père, Jem et Scout vont apprendre que l’on ne connaît vraiment un homme que lorsqu’on se glisse dans sa peau. Que pour approcher de la réalité de chacun, il ne faut surtout pas se fier aux apparences. Car bien des fois, elles sont trompeuses. Avec son comportement humaniste, il leur montre sans cesse ce qui est juste et qu’il faut aussi savoir dépasser ses à priori.

J’ai passé un moment très agréable avec ces merveilleux personnages. Très bien écrite, sans redondance, accessible à tous, cette histoire traite de sujets difficiles. Ici, l’enfance merveilleusement narrée prend une tournure plus grave en abordant la question de la discrimination raciale. Cela m’a beaucoup plu et intéressé de voir le comportement de chacun face aux difficultés rencontrées.

Je comprends l’engouement et le succès qu’a rencontré ce roman aux Etats-Unis par sa parution au moment du combat pour le civil rights et contre la ségrégation. Lors de sa publication, cent ans après l’abolition de l’esclavage, les choses n’avaient guère changé entre les années 30 et les années 60.